Septembre, septième mois du calendrier romain, neuvième mois des calendriers grégorien et julien, mois de la reprise des travaux à l’époque où la France était essentiellement un pays agricole…. C’est aussi la fin des universités d’été et la suite des Unions Marginales à Peu Près Pareilles qui, s’apparentant à des Frasques Nostalgiques, font pleuvoir des points d’interrogation sur la carte météo-politique de notre pays interloqué. Que va-t-il se passer ?
Le plastron est de sortie, les va-t-en-guerre pavoisent, les seconds couteaux défouraillent : on ne plaisante pas plus aujourd’hui avec l’autorité du roi Nikos qu’on ne badinait autrefois avec l’amour d’Alfred (de Musset). Les 218 charters pour Bucarest en attestent. L’Europe n’est pas tout à fait finie. Fini de rigoler, si nous en doutions. D’aucuns, par excès de zèle (??), imaginent même sanctionner les premiers magistrats des communes où un trop grand nombre d’administrés prendraient des aisances insupportables avec la loi. Si l’on ne peut traiter le problème de la délinquance à la base, sanctionnons alors l’échelon supérieur. Idée géniale s’il en est ! Mais pour remonter jusqu’où ? Après tout voilà déjà un certain temps (depuis les années Chirac) que la question de la sécurité des personnes est entre les mains d’un même responsable du ministère de l’intérieur. Pourquoi alors ne pas faire fonctionner cette lumineuse mécanique des échelons jusqu’au bout ? Peut-être arriverait-on à tenir des promesses électorales sécuritaires égrenées à coups de menton sur le ton du défi.
Au rayon des nostalgies, les tickets de rationnement réapparaissent dans des têtes « bien pensantes » (soi-disant) pour les fournitures scolaires. Par souci d’économie bien sûr ! Pour éviter que ces familles privilégiées, éligibles à l’indemnité de rentrée scolaire, ne dépensent ce fabuleux pécule en noces et banquets. Quelle idée ! Attribuons alors à nos représentants, élus du peuple, des bons de transport, de repas, de cravates, de représentation et de frais divers inhérents à l’exercice de leurs fonctions et la boucle sera bouclée….
Dieu merci, les plus hautes instances de l’Etat sont attentives à toutes les formes de représentation. Ainsi, quelques figures footballistiques se sont-elles vues sermonnées par le ministère de tutelle. Si l’image de la France a souffert lors de ce qui n’est malgré tout que le plus grand tournoi de football du monde, elle est à mon sens et sur certains points conforme à une réalité déplorable : la rupture des élites avec la réalité et l’omniprésence de l’argent qui y contribue. Cet argent dont on parle chaque jour davantage et que l’on demande aux Français de partager. Il fallait bien que ce même ministère de la santé et du sport montre quelque rigueur, lui qui ne pensait qu’au bien public en commandant aux laboratoires pharmaceutiques 90 millions de doses de vaccin contre la grippe A. Tout cela, réalisé bien sûr, avec les extrêmes précautions que mettent les hérissons à se reproduire….
Ceci n’est qu’une vision panoramique. Ce ne sont là que de menus exemples extraits de notre toile de fond nationale. Localement, il semble que ce soit différent. Il n’est d’autre choix que celui de se démarquer d’une Urgence Martiale Pesante. Est-ce rassurant ???
Lorsque, à l’approche des élections cantonales prévues en mars 2011, l’opposition départementale s’apprête à présenter ses candidats, elle est prise au piège du discours et de la loyauté.
En effet, dans la presse locale, nous avons pu constater avant les vacances d’été que le discours de la droite locale n’est pas loin de renier celui du parti dominant. Que penser alors ?
Il y a autant de coeur à droite qu’à gauche quand il s’agit des personnes, c’est une simple règle statistique. Seul le choix des chemins à emprunter diffère dans la quête de l’intérêt général dit-on. Mais quand même.
Septembre, retour des vacanciers. Avec la crise, le désir de partir est plus fort (étonnant !) même si la peur du chômage et le sombre profil économique que l’on se plaît à nous décrire pousse à l’épargne. Finalement, les Français sont partis pratiquement dans les mêmes proportions, mais en dépensant moins. En écourtant leur séjour d’un ou deux jours. En apportant de plus petits cadeaux s’ils vont chez des amis. En restant en France. Aujourd’hui, 60% des gens partent en vacances chez des amis ou dans la famille. Il n’en reste pas moins que près de 35% de nos concitoyens sont restés chez eux. Nous savons tous qui sont les désavantagés. C’est à eux que nous pensons aujourd’hui.
Septembre, dernière saison avant 2011. La lumière baisse, les prix du gaz et de l’électricité augmentent. Celui du téléphone aussi. Cela fait une moyenne. C’est vrai que les ondes se répercutent plus difficilement dans la froidure. Je n’aimerais pas être à leur place, surtout fin janvier.
Les actions de notre assemblée départementale s’amplifient. L’action sociale prend une place toujours plus importante dans les missions départementales. Malgré des transferts de moyens prévus, annoncés, mais pas effectués, le Conseil Général poursuit sa politique économique et sociale. Elle est toujours adossée aux valeurs de solidarité que je soutiens indéfectiblement et avec les mêmes convictions : la rencontre, l’échange, la confrontation, en un mot : le lien. Il vaut mieux en effet se disputer à l’air libre que d’être d’accord derrière des barreaux.
Dites-le à vos voisins !
Claude Béhar
