C’est…c’est… c’est …c’est l’hiver…. les voeux de Claude Béhar

Si la fortune vient en dormant, ce dont il est permis de douter, cela n’empêche pas les ennuis de venir au réveil. Ce n’est donc pas parce que nous entrons en période hivernale qu’il faut nous laisser aller corps et âme à la douce léthargie de la trêve des confiseurs.
En effet, en pleine révision générale des politiques publiques (la fameuse RGPP) menée sabre au clair et à la tronçonneuse par de dévoués mercenaires mathématiciens, d’autres réformes tout aussi subtiles vont poindre le bout de leur nez comme autant de pipos aux premiers jours du printemps.

Il y eut la réforme des retraites, imposée puis adoptée comme nous le savons. Réforme suivie presque immédiatement par un naïf étonnement gouvernemental qui s’est vu contraint d’emprunter pour payer les salaires d’une partie des fonctionnaires.
Belle démonstration d’hypocrisie : cette pratique est en vigueur depuis bon nombre d’années, seulement en 2010, elle nous est rendue publique. Dans quel but si ce n’est de faire courir l’idée simpliste que les fonctionnaires coûtent cher et qu’il faut donc supprimer une bonne partie de ces postes. Emprunter pour payer, aussi parce le gouvernement qui a décidément la vue bien courte, n’avait pas prévu que de nombreux fonctionnaires, contraints par la réforme de continuer à travailler quelques années, devaient bien être payés, c’est bien la moindre des choses.

Sous la neige des promesses qui fond au soleil se dévoile le paysage triste et gris d’une réalité non maîtrisée. Outillés des mêmes accessoires (la pince à épiler et le scalpel ne font pas partie du paquetage), les experts des cabinets (… je ne m’étendrai pas) concoctent l’indispensable réforme fiscale. Il faudra bien que nous respections les engagements pris par M. Sarkozy en notre nom : réaliser une économie de plusieurs milliards d’euros sur 3 ans.

La république exemplaire qui nous était promise ne sait plus où donner de la tête affolée qu’elle est par la remontée du front national (… sans majuscule).
La loi Loppsi 2 sur la sécurité, rajoute de la sécurité, de la sévérité et de la complexité là où existent de nombreuses lois qui sont souvent difficilement applicables. La surenchère de l’affichage sécuritaire, caractérisé par une subtilité de bûcheron canadien travaillant des entrechats , est bien à l’ordre du jour. Et cela même au moment où deux députés (Copé et Jacob) ont proposé un amendement visant à s'opposer à la création d'une incrimination pénale spécifique pour les députés faisant de fausses déclarations de patrimoine. Amendement non retenu, mais quand même, il fallait en avoir l’idée. Comble de coïncidence dans une république moralisée, l’ancien ministre de l’intérieur prend fait et cause contre une décision de justice sanctionnant des policiers falsificateurs qui jettent l’opprobre sur une profession qui peine à se faire aimer, il faut bien le reconnaître, malgré l’exemplarité de la majorité de ses membres. Comme le disait Laure Manaudou au milieu du grand bassin un jour de gloire : tout baigne !

Cela et d’autres choses, c’est ce qui se passe à la maison, chez nous, en France. Mais non contents de baigner dans une réforme constante et brouillonne, il y a l’extérieur ! Rendons-nous à l’évidence ; nous sommes cernés !

Tout a commencé avec Dubaï. « Bof », ont ricané certains, « c’est tout petit, et c’est loin de chez nous ».

Puis l’Islande. « Tout aussi petit et toujours trop loin ».

Puis la Grèce. « Oui… bon ils paient pour leur politique budgétaire laxiste. Qu’ils se mettent au régime sec et tout ira mieux ».

Puis l’Irlande. Là, les fortes têtes ont été un peu embêtées. L’Irlande n’est pas connue pour jeter les sous par-dessus bord. « Mais bon, c’est une île… ».
Puis le Portugal. La crise a remis les pieds sur le continent. Nos forçats de l’optimisme ont essayé de se persuader que le syndrome « sud dépensier contre nord économe » avait encore frappé.

Puis l’Espagne. Les ricaneurs sont de moins en moins nombreux. Le pays est la quatrième économie de la zone euro. Hum, cela commence à sentir le roussi n’est-ce pas ?
Puis la Belgique. Là, c’est sûr, on est cernés. Le décor est planté : que nous prépare-t-on ?

Alors, 2011 , qu’est ce que cela peut bien nous inspirer ? Ah oui,la météo : il n’y eut pas de pagaille officielle, juste quelques difficultés de transit.
Une petite constipation routière en somme mais qui généra un résultat disproportionné (pour parler en termes choisis). C’est alors la faute de météo France qui n’avait prévu que 7 centimètres de neige au lieu de 10. Il faut bien reconnaître une certaine constance dans la manière de procéder de ce gouvernement qui n’est autre qu’une équipe de campagne dont la mauvaise foi n’a d’égal que la crise du même nom qui guette les digestions fragiles et fait grimper le cholestérol au rythme de mon indignation.

Heureusement, dans le canton, dans les communes, même si chacun est imprégné des conséquences de ces réalités, entre personnes, entre voisins, antre amis, entre opposants, la parole circule. La neige, malgré ce qu’elle engendre sur les routes, porte irrémédiablement en elle l’esprit des fêtes de fin d’année. Elle amortit les bruits et amorce les sourires des automobilistes comme des piétons. Je suis convaincu que d’une certaine manière, elle nous rend plus tolérants, plus attentif à l’autre, et c’est tant mieux.
Faisons, pour un temps au moins, comme si la neige était toujours là et protégeons en conscience ce qui nous unit : notre lien social. Je vous souhaite une belle année 2011. Dites-le à vos voisins.

Chaleureusement
Claude Béhar
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